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La lune est pleine ce soir. Les corbeaux sinistres
invoquent les dieux oubliés de la nuit par leurs
croassements incessants. Je me trouve au milieu
de la vaste clairière, hurlant à la beauté lunaire qui aveugle mes yeux assombris par la peine. La douleur,
je la ressens, et je l'apaise de mes cris révoltés. L'oubli,
je ne l'aurai jamais. Mais je ne le désire pas. Je veux me retrouver... moi, telle que j'étais autrefois. La douleur est toujours là... lacérant ce qu'il reste de mon coeur dévoré par l'amour. Il hurle des complaintes comme de longs requiem larmoyants à chaque nouveau clair de lune... chaque nouvel instant où tu n'es pas près de moi, à m'ordonner de m'arrêter. Car tu es le seul qui sois parvenu à me contrôler... Mais tu n'es plus là pour
veiller sur mes lamentations.
Tu as oublié ce que tu étais.
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____J'ai besoin de toi pourtant, mon loup sombre jaillissant des ténèbres,
si seulement tu savais comme je t'aime...
____Incandescant est mon coeur, car tu le possèdes toujours, malgré l'agissement
de cette traîtresse de vie lorsqu'elle nous a séparés.
Noire est mon âme, car tu l'as faite tienne pour m'épargner le désespoir...
____Un ange veille sur moi. Une déesse de noirçeur parfaite et aimante. Mais la solitude que tu provoques m'affaiblie, m'achève et m'achèvera toujours. Toutes ces nuits où tu idolâtrais mon sang... J'y songe aveuglement, redessinant tes lèvres interdites et tes crocs, eux qui déchiraient ma nuque pour se repaître de la source infinie de vie qui coulait en moi... La vie d'une immortelle. Ton coeur ne battait que lorsqu'il était près de moi, à murmurer au mien les supplications éternelles que ta bouche refusait de prononçer.
____Nous étions beaux. Nous étions magnifiques, des êtres hurlant à la majesté céleste de la lune. Des lèvres unies qui furent bénies par un baptème de sang. Deux coeurs sombres mais entrelacés à jamais...
____Deux corps pâles qui se suffisaient l'un à l'autre. Deux silhouettes amoureuses, simplement.
____C'était lors d'une nuit comme celle là que nous nous étions fait une promesse d'éternité. Alors pourquoi ? Oui, pourquoi cette foutue vie a séparée nos chemins ? Aujourd'hui je te vois, à travers la beauté d'un nouvel être. Ton âme hurle comme autrefois. Je te reconnais. Toi aussi, tu entends mes murmures et mes lamentations.
____Les marques sont toujours là... Ton regard est le même.
Les chaînes d'éternité qui nous liaient n'ont jamais été brisées.
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Et sur la porte de mon tombeau de regrets, on pourra lire gravé dans la pierre,
en déchirant les funestes murailles du lierre :
« Je t'aimerai à tout jamais, mon sombre amant ».
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